Livres personnalisés pour enfants : ce que la science nous apprend sur leurs bienfaits

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Pourquoi un livre qui parle de votre enfant l’aide à mieux apprendre ? Découvrez les résultats fascinants de la recherche scientifique sur les livres personnalisés et le développement du langage chez les tout-petits.

Votre enfant retient-il mieux une histoire quand elle parle de lui ? C’est exactement ce que des chercheurs en sciences de l’éducation ont cherché à comprendre ces dernières années. Et leurs conclusions sont sans équivoque : les livres personnalisés constituent un levier puissant pour le développement du vocabulaire, de la parole spontanée et de l’engagement des jeunes enfants dans la lecture.

Chez Eponi, nous concevons des histoires personnalisées pour les enfants. Mais au-delà de l’aspect ludique, ce choix repose sur des fondements scientifiques solides. Voici ce que disent les études.

Qu’est-ce qu’un livre personnalisé ?

Un livre personnalisé est un ouvrage dans lequel certains éléments de l’histoire — le prénom du personnage principal, ses centres d’intérêt, son environnement familier, voire ses photos — sont adaptés à un enfant en particulier. Le degré de personnalisation peut varier : cela va de la simple insertion du prénom de l’enfant dans le récit jusqu’à des ouvrages entièrement conçus autour de sa vie quotidienne (Kucirkova, Messer & Sheehy, 2014a).

Avec les progrès des technologies numériques, ces livres sont devenus plus accessibles et abordables. Ils existent sous forme papier comme sous forme d’applications numériques, et de nombreuses approches pédagogiques centrées sur la famille les intègrent désormais dans leurs programmes de lecture (Kucirkova, Messer & Whitelock, 2010).

Enfant lisant un livre personnalisé avec son parent – lecture partagée

La personnalisation favorise l’acquisition de nouveaux mots

L’une des études les plus marquantes sur ce sujet a été menée par Natalia Kucirkova, David Messer et Kieron Sheehy, publiée en 2014 dans la revue First Language. Les chercheurs ont travaillé avec 18 enfants de trois ans, à qui ils ont lu un livre d’images contenant à la fois des sections personnalisées (avec des références à la vie de l’enfant) et des sections non personnalisées. Des mots nouveaux étaient intégrés dans chaque section.

Les résultats sont éloquents : les mots présentés dans un contexte personnalisé ont été acquis plus facilement que ceux présentés dans un contexte neutre. Les enfants ont mieux retenu les mots quand l’histoire faisait référence à leur propre univers — leur prénom, leurs photos, leurs activités préférées. De plus, les lectures répétées du même livre ont renforcé cet effet positif (Kucirkova, Messer & Sheehy, 2014a).

L’étude a utilisé trois tests différents — compréhension par l’image, définition du mot, et valence émotionnelle — pour évaluer l’apprentissage du vocabulaire sous plusieurs angles. L’effet de la personnalisation s’est avéré significatif, et ce indépendamment du niveau de vocabulaire général des enfants. Autrement dit, la personnalisation pourrait bénéficier à tous les enfants, quel que soit leur niveau de départ (Kucirkova, Messer & Sheehy, 2014a).

Plus de parole spontanée pendant la lecture

Une autre étude des mêmes chercheurs, publiée dans le Journal of Pragmatics (2014), s’est intéressée aux effets de la personnalisation sur la parole spontanée des enfants pendant la lecture partagée. Trente-cinq enfants d’âge préscolaire (environ 3 ans en moyenne) ont participé à l’expérience.

Les résultats montrent que les enfants produisaient significativement plus d’énoncés spontanés — questions, commentaires, auto-références — lorsqu’on leur lisait la partie personnalisée du livre par rapport à la partie non personnalisée. Les différences étaient statistiquement significatives pour les mots prononcés, les énoncés, les auto-références, les questions posées et même les corrections apportées par les enfants (Kucirkova, Messer & Sheehy, 2014b).

Or, pourquoi est-ce important ? Parce que la recherche a montré depuis longtemps que la quantité de parole spontanée d’un enfant pendant la lecture est l’un des meilleurs prédicteurs de ses progrès ultérieurs en langage et en littératie. Dès 1977, Flood avait observé que le nombre total de mots prononcés par un enfant pendant la lecture partagée était lié à ses gains en compétences pré-lecteurs. Plus récemment, Kim et ses collègues (2011) ont confirmé que la répétition spontanée par l’enfant des propos de l’adulte pendant la lecture prédisait positivement ses compétences de narration.

Le rôle de l’adulte reste essentiel

Si les livres personnalisés stimulent la parole et l’engagement des enfants, les chercheurs soulignent un point crucial : l’accompagnement d’un adulte reste fondamental. L’étude de Kucirkova et ses collègues (2014b) a montré que le contenu des verbalisations des enfants dans le contexte personnalisé était largement auto-référentiel — les enfants parlaient surtout d’eux-mêmes.

Pour que cette dynamique se transforme en véritable apprentissage, il est donc essentiel que les parents ou éducateurs enrichissent et prolongent les propos de l’enfant. Cette recommandation est particulièrement importante pour les livres numériques personnalisés, qui offrent souvent peu de possibilités conversationnelles et sont de plus en plus utilisés de manière autonome par les jeunes enfants (Kucirkova, 2013). En d’autres termes, le livre personnalisé n’est pas une solution magique à utiliser seul : c’est un formidable outil d’interaction entre l’adulte et l’enfant.

Les livres personnalisés renforcent le lien parent-enfant

Au-delà des bénéfices cognitifs, les livres personnalisés jouent un rôle important dans la relation parent-enfant. Kucirkova, Messer et Whitelock (2012, 2013) ont observé que les livres contenant des références personnelles à l’enfant — photos, textes sur sa vie — suscitaient davantage de sourires, de rires et d’activité vocale chez les tout-petits âgés de 12 à 33 mois, comparés à des livres sans éléments personnalisés.

De plus, le contexte personnalisé crée un terrain commun entre le lecteur et l’enfant, facilitant le partage d’expériences personnelles et renforçant le lien affectif pendant la lecture (Kucirkova et al., 2014b). La chercheuse Adriana Bus (2003) a d’ailleurs souligné que ces livres pouvaient faciliter la communication parent-enfant autour des histoires et ainsi soutenir les liens affectifs pendant la lecture partagée.

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La personnalisation aide aussi les enfants en difficulté

Les recherches montrent que la personnalisation peut être particulièrement bénéfique pour les enfants ayant des besoins éducatifs particuliers. Sheehy et Howe (2001) ont démontré que des indices mnémoniques personnalisés étaient significativement plus efficaces que des indices non personnalisés pour développer la reconnaissance de mots chez des enfants présentant de sévères difficultés d’apprentissage. De même, Bracken (1982) avait trouvé que des textes de lecture personnalisés facilitaient la compréhension en lecture chez des élèves en difficulté.

Plus récemment, Mansor, Adnan et Abdullah (2019) ont étudié la personnalisation de la lecture pour des enfants présentant un rythme d’apprentissage plus lent en école primaire. Leur étude, publiée dans l’International Journal of Interactive Mobile Technologies, propose la construction de profils utilisateurs prenant en compte les capacités de lecture, les besoins et les préférences de chaque enfant pour concevoir des matériaux de lecture adaptés (Mansor, Adnan & Abdullah, 2019).

Pourquoi la personnalisation fonctionne-t-elle si bien ?

Plusieurs mécanismes expliquent l’efficacité de la personnalisation. D’un point de vue psychologique, les informations personnelles facilitent la reconnaissance et le traitement cognitif grâce à ce que les chercheurs appellent l’effet d’auto-référence. Ce phénomène, étudié depuis les travaux pionniers de Rogers, Kuiper et Kirker (1977), montre que les informations liées à soi-même sont mieux encodées et mieux mémorisées.

Par ailleurs, la personnalisation augmente la motivation et l’engagement de l’enfant dans l’activité de lecture (Oulasvirta & Blom, 2008). Un enfant qui se reconnaît dans une histoire est plus attentif, plus actif et plus disposé à interagir avec le contenu. Selon la perspective piagétienne, les mots présentés dans un contexte personnalisé seraient davantage en accord avec les représentations mentales du jeune enfant, facilitant ainsi l’assimilation de nouvelles connaissances (Kucirkova et al., 2014a).

Les 5 bienfaits des livres personnalisés pour les enfants – résumé visuel

Ce qu’il faut retenir

La recherche scientifique confirme que les livres personnalisés offrent de nombreux avantages pour les jeunes enfants. Ils favorisent l’acquisition de vocabulaire nouveau, stimulent la parole spontanée, renforcent l’engagement dans l’activité de lecture, soutiennent le lien parent-enfant et peuvent particulièrement bénéficier aux enfants en difficulté d’apprentissage.

Chez Eponi, nous nous appuyons sur ces connaissances pour créer des histoires qui parlent réellement à chaque enfant. Parce qu’un livre qui raconte son histoire est un livre qu’il aura envie d’ouvrir encore et encore — et c’est exactement là que commence l’amour de la lecture.

Sources scientifiques

Bracken, B. (1982). Effect of personalized basal stories on the reading comprehension of fourth-grade poor and average readers. Contemporary Educational Psychology, 7(4), 320–324.

Bus, A. (2003). Social-emotional requisites for learning to read. In A. Van Kleeck et al. (Eds.), On Reading Books to Children. Lawrence Erlbaum.

Kucirkova, N. (2013). Children interacting with books on iPads. Frontiers in Psychology, 4, 1–3.

Kucirkova, N., Messer, D. & Sheehy, K. (2014a). Reading personalised books with preschool children enhances their word acquisition. First Language, 34(3), 227–243.

Kucirkova, N., Messer, D. & Sheehy, K. (2014b). The effects of personalisation on young children’s spontaneous speech during shared book reading. Journal of Pragmatics, 71, 45–55.

Kucirkova, N., Messer, D. & Whitelock, D. (2010). Sharing personalised books. Literacy Information & Computer Education Journal, 1(3), 263–272.

Kucirkova, N., Messer, D. & Whitelock, D. (2012). Parents reading with their toddlers: the role of personalisation in book engagement. Journal of Early Childhood Literacy, 13(4), 445–470.

Mansor, M., Adnan, W.A.W. & Abdullah, N. (2019). Personalized Reading: Developing User-Describing Profile for Slow Learner Children. International Journal of Interactive Mobile Technologies, 13(7), 103–116.

Oulasvirta, A. & Blom, J. (2008). Motivations in personalization behaviour. Interacting with Computers, 20(1), 1–16.

Rogers, T., Kuiper, N. & Kirker, W. (1977). Self-reference and the encoding of personal information. Journal of Personality and Social Psychology, 35, 677–688.

Sheehy, K. & Howe, M.J.A. (2001). Teaching non-readers with severe learning difficulties to recognise words. Westminster Studies in Education, 24(1), 61–71.